Illustratin de Jeremie Dres Source Slate

Elles courent...elles courent.. les rumeurs

 

Les «FAKE-NEWS » ont toujours couru !

 

Ces rumeurs appuyées, amplifiées aujourd’hui par le WEB et les réseaux sociaux ou les forums ont un long passé. Les exemples ne manquent pas dans l’histoire de notre civilisation. Lancées par des gens mal intentionnés, elles se propagent de façon exponentielle à la vitesse de la lumière pour finir par avoir la dent longue parmi des foules de gens crédules. Mais il souvent très tard pour démentir dans les « milieu autorisés ». A moins de les tuer dans l’œuf, on peut leur promettre une longue vie. C’est ainsi qu’ont vu les jours, par le passé de nombreuses croyances populaires. 

Ainsi, Aurore Van de Winkel, chercheuse belge à l'université catholique de Louvain (UCL), est spécialiste des légendes urbaines et des phénomènes «rumoraux». (1) Tout en se promenant dans les rues de cette ville, elle en apprenait son lot quotidien.

«Pas très loin d'ici, vous avez la place du Jardin aux fleurs, décrit-elle par exemple. À cet endroit, un ami m'a dit que des chiens étaient volés régulièrement car il y a un marché clandestin de chiens kidnappés par des restaurateurs peu scrupuleux. J'y suis allé mais je n'y ai rien trouvé. Il faut savoir, en revanche, qu'en 1830 lors de la Révolution belge, certains Flamands en étaient réduits à manger du chien. Pareil lors de la guerre franco-prussienne de 1870. Les Belges étaient choqués de savoir qu'il existait des boucheries canines en France et en Allemagne. La dernière boucherie canine allemande a été fermée en 1940.»

  

Dans notre métier de journaliste, on nous enseigne qu’il faut toujours vérifier ou recouper les informations. Nous sommes les informés et nous nous devons déontologiquement d’effectuer cette tâche avant de diffuser.

Mais cela devient difficile, voir impossible, lorsqu’il s’agit d’une rumeur. On arrive touts juste à prouver qu’il s’agit d’une rumeur. Alors se pose la question de son utilisation. Un problème pas facile à résoudre.

L’ignorer, c’est sans doute la facilité. En faire part en détaillant son origine et sa propagation, c’est aussi la solution. Mais alors les commentaires ne vont pas tarder, avec les déformations du genre : « C’est vrai, c’est écrit dans le journal »

En témoigne la rumeur qui a circulé en Dordogne à l’époque de la cueillette des cèpes. C’est un « sport » auquel se livrent tous les ans tous les Périgordins. (2). C’est en effet dans ces contrées que la guerre des champignons donne des boutons à la population.

Il y une une trentaine d’années, arrive à nos oreilles, par l’intermédiaire d’un de nos correspondants de presse cette rumeur qu’il nous rapporte par téléphone : « Dans notre coin, il a un hélicoptère, qui survole certains bois pour procéder à des lâchers de vipères. Ça commence à faire du bruit dans nos campagnes »

Invérifiable ! Si ce n’est en effet que nos interlocuteurs suivants, confirmaient au téléphone la dite rumeur. Mais personne n’avait témoigné. Pas plus de bruit d’ hélicoptère dans le ciel, que de colonies de reptiles vénéneux dans les bois de chênes. Il n’empêche que nous prîmes la décision de publier, non sans attirer l’attention de nos lecteurs sur les fondements de ce qui n’était qu’une rumeur ;

Mais si, les périgourdins poursuivaient leur conversation au bord d’un comptoir, ou avec leurs commerçants, les gendarmes quant à eux n’appréciaient guère cette information, en s’exclament : « Comme si on n’avait pas assez des cambrioleurs et autres malfrats, il va falloir maintenant qu’on fasse la chasse aux vipères dans les bois ! »

(1)Source Slate.fr

(2) Les « périgordins » sont les habitants du Périgord. Les « périgourdins » sont les habitants de Périgueux, les autres sont des Bergeracois. Subtilité des noms des populations du département de la Dordogne.